La réalité virtuelle (VR) et le neurofeedback sont étudiés comme approches non médicamenteuses de l’anxiété, du stress et de la douleur chronique. Elles sont utilisées dans certains hôpitaux et cliniques, et proposées par des entreprises spécialisées.
Principe
La réalité virtuelle plonge l’utilisateur dans un environnement immersif grâce à un casque équipé d’écrans et de capteurs. Les environnements apaisants, comme une plage ou une forêt, détournent l’attention des pensées négatives ou de la douleur.
Le neurofeedback utilise des capteurs placés sur le cuir chevelu pour mesurer l’activité électrique du cerveau, comme les ondes alpha ou bêta, et la restituer en temps réel. L’utilisateur apprend ainsi à moduler son activité cérébrale pour atteindre un état de calme.
En France, la société Healthy Mind développe des casques de réalité virtuelle utilisés à l’hôpital pour aider les patients à gérer la douleur et l’anxiété, par exemple pendant une dialyse ou une chimiothérapie. L’entreprise canadienne InteraXon commercialise le bandeau Muse, qui guide des exercices de méditation à partir de l’activité cérébrale.
Utilisation en établissement de santé
En pédiatrie, la réalité virtuelle est utilisée comme technique de distraction lors de soins douloureux ou stressants. Elle réduit l’anxiété des enfants avant une intervention et peut limiter le recours aux sédatifs.
Des équipes de recherche, notamment aux États-Unis, évaluent l’association de la réalité virtuelle et du neurofeedback chez des patients souffrant de troubles anxieux ou de stress post-traumatique, pour les aider à mieux réguler leurs émotions.
Intérêt
Pour les patients, ces outils offrent une approche sans les effets secondaires des médicaments. La réalité virtuelle détourne l’attention de la douleur, tandis que le neurofeedback enseigne des techniques d’autorégulation du stress.
Pour les soignants, la baisse de l’anxiété des patients facilite certains actes et peut réduire le besoin de sédation.
Limites
Coût
Les casques de réalité virtuelle et les dispositifs de neurofeedback restent coûteux, ce qui limite leur diffusion dans les petites structures et chez les particuliers.
Formation
L’utilisation de ces outils demande des compétences spécifiques, pour interpréter les données cérébrales comme pour accompagner les patients pendant les séances.
Niveau de preuve
L’efficacité à long terme de ces approches doit encore être évaluée. Dans ses recommandations de 2024 sur le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez l’enfant et l’adolescent, la Haute Autorité de santé (HAS) ne recommande pas le neurofeedback, faute d’évaluation suffisante. Ces outils se conçoivent en complément des prises en charge validées, comme la psychothérapie, et non en remplacement.
