L’écoute de musique est utilisée pour se détendre dans la vie quotidienne, mais aussi à l’hôpital, avant une intervention ou pendant des soins. Ses effets sur le stress ont fait l’objet de nombreux essais randomisés, qui mesurent soit des indicateurs physiologiques (fréquence cardiaque, pression artérielle, cortisol), soit le stress ressenti à l’aide de questionnaires.
Effets de la musique sur le stress
Une méta-analyse publiée en 2020 dans la revue Health Psychology Review (de Witte et coll.) a regroupé 104 essais randomisés, soit 9 617 participants. Les interventions musicales réduisaient le stress, avec un effet de taille faible à moyenne sur les indicateurs physiologiques (taille d’effet d = 0,38) et moyenne sur le stress ressenti (d = 0,55). L’effet était un peu plus marqué sur la fréquence cardiaque (d = 0,46) que sur la pression artérielle (d = 0,34) ou les taux d’hormones comme le cortisol (d = 0,35).
Ces essais sont très variés : écoute de musique enregistrée ou musicothérapie avec un professionnel, en contexte médical ou non, pendant une seule séance ou plusieurs semaines. Il est difficile d’en tirer une durée d’écoute ou un style de musique à privilégier. Les participants savent qu’ils écoutent de la musique, ce qui expose ces études à des biais.
Musique et sommeil
Une revue Cochrane publiée en 2022 (Jespersen et coll.) a évalué l’écoute de musique chez des adultes souffrant d’insomnie. Elle a inclus 13 essais, soit 1 007 participants, qui écoutaient chaque jour de la musique enregistrée pendant 25 à 60 minutes, pendant trois jours à trois mois. Par rapport à l’absence d’intervention ou au traitement habituel, la musique améliorait la qualité du sommeil mesurée par l’indice de Pittsburgh d’environ 2,8 points sur une échelle de 0 à 21 (preuves de certitude modérée, 10 études, 708 participants). Les données étaient de faible certitude pour le délai d’endormissement, la durée totale de sommeil et l’efficacité du sommeil, et n’indiquaient pas d’effet clair sur la sévérité de l’insomnie ni sur les réveils ressentis.
Mécanismes envisagés
La musique au tempo lent et au volume modéré est associée à un ralentissement de la fréquence cardiaque et de la respiration. L’écoute d’une musique appréciée active aussi les circuits cérébraux de la récompense. Ces mécanismes sont plausibles, mais ils n’expliquent pas à eux seuls les effets observés, qui varient beaucoup d’une personne et d’une situation à l’autre.
Place de la musique dans la gestion du stress
L’écoute de musique est une méthode simple, peu coûteuse et sans effet indésirable notable, qui peut compléter d’autres moyens de gestion du stress comme l’activité physique ou les techniques de relaxation. Elle ne remplace pas une prise en charge médicale en cas d’anxiété persistante, de dépression ou d’insomnie chronique. Pour protéger l’audition, l’écoute au casque doit se faire à volume modéré.
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