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Oméga-3 et déclin cognitif des seniors : état des preuves

Oméga-3 et santé cérébrale des seniors

Les oméga-3 sont des acides gras présents surtout dans les poissons gras, dont le DHA est un constituant des neurones. Chez les seniors, les essais de supplémentation n’ont pas montré d’amélioration de la mémoire ni de protection contre la maladie d’Alzheimer. Une consommation élevée de poisson est associée à un risque plus faible d’Alzheimer dans les études d’observation, sans preuve de causalité.

Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés que l’organisme ne fabrique pas ou peu. Les formes à longue chaîne, l’EPA et le DHA, se trouvent surtout dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). L’acide alpha-linolénique (ALA), leur précurseur, est apporté par les huiles de colza et de noix, les noix et les graines de lin. Le DHA est un constituant majeur des membranes des neurones, ce qui explique l’intérêt porté à ces acides gras pour la prévention du déclin cognitif lié à l’âge.

Suppléments d’oméga-3 chez les seniors en bonne santé

Une revue Cochrane publiée en 2012 (Sydenham, Dangour et Lim) a analysé les essais randomisés comparant une supplémentation en oméga-3 (capsules ou margarine enrichie) à un placebo chez des personnes de 60 ans et plus sans trouble cognitif. Les 3 essais retenus, qui suivaient 3 536 participants pendant 6 à 40 mois, n’ont montré aucun bénéfice sur les fonctions cognitives. Les auteurs notent que le déclin observé dans les deux groupes était faible sur ces durées et que des essais plus longs seraient nécessaires. Aucune donnée directe ne permettait de conclure sur la survenue d’une démence.

Oméga-3 et maladie d’Alzheimer

Une autre revue Cochrane, publiée en 2016 (Burckhardt et coll.), a porté sur des personnes atteintes d’une maladie d’Alzheimer légère à modérée. Les 3 essais inclus, totalisant 632 participants traités 6 à 18 mois, ne montraient pas d’effet convaincant des suppléments d’oméga-3 sur la cognition, les activités quotidiennes, la qualité de vie ou l’humeur. Les effets indésirables semblaient peu fréquents, mais ils étaient inégalement rapportés.

Consommation de poisson et risque de démence

Les études d’observation donnent des résultats plus nuancés. Une méta-analyse de cohortes prospectives publiée en 2015 (Wu et coll., Neuroscience & Biobehavioral Reviews) a associé une consommation élevée de poisson à un risque de maladie d’Alzheimer plus faible de 36 % par rapport à une consommation faible, chaque portion supplémentaire de 100 g de poisson par semaine étant associée à un risque plus faible de 11 %. En revanche, elle ne trouvait pas d’association significative entre l’apport en oméga-3 à longue chaîne et le risque de démence ou d’Alzheimer, ni entre la consommation de poisson et le risque de démence toutes causes confondues.

Ces études d’observation ne prouvent pas un lien de cause à effet. Les grands consommateurs de poisson ont souvent un mode de vie, un niveau d’études et une alimentation globale différents, qui peuvent expliquer une partie de l’association.

Ce qu’il faut retenir des données actuelles

Les essais ne permettent pas de recommander des compléments d’oméga-3 pour préserver la mémoire ou prévenir la maladie d’Alzheimer chez les seniors. Manger du poisson, dont une portion de poisson gras, dans le cadre d’une alimentation variée reste conseillé par les autorités de santé françaises pour l’ensemble de la population. La prise de compléments d’oméga-3 à forte dose se discute sur avis médical, en particulier en cas de traitement anticoagulant.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com