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Impact de la lecture sur la santé cognitive des seniors

La lecture fait partie des activités intellectuelles que les études d'observation associent à un risque plus faible de démence chez les personnes âgées. Ces travaux montrent une association, pas une relation de cause à effet démontrée. La lecture s'inscrit dans un ensemble plus large de facteurs, comme l'éducation, l'audition, l'activité physique ou les liens sociaux.

Lecture et santé cognitive des seniors

Lecture et réserve cognitive

La notion de réserve cognitive désigne la capacité du cerveau à compenser les lésions liées à l’âge ou à une maladie neurodégénérative. Elle serait renforcée tout au long de la vie par l’éducation, le niveau de lecture, l’activité professionnelle et les loisirs intellectuels. Dans plusieurs études, le niveau d’éducation et l’aptitude à la lecture figurent parmi les meilleurs indicateurs de cette réserve.

Ce que montrent les études d’observation

L’étude la plus citée a été publiée dans le New England Journal of Medicine en 2003 (Verghese et collaborateurs). Elle a suivi 469 personnes de plus de 75 ans vivant à domicile et sans démence au départ, pendant une durée médiane de 5,1 ans ; 124 d’entre elles ont développé une démence. La lecture, les jeux de société, la pratique d’un instrument de musique et la danse étaient associés à un risque réduit. Chaque point supplémentaire sur un score d’activités cognitives correspondait à un risque de démence plus faible (rapport de risque 0,93).

Une revue systématique de 2010 portant sur 13 études d’observation retrouve, dans la majorité d’entre elles, une association entre activités intellectuelles de loisir et moindre risque de démence ou de maladie d’Alzheimer. Ses auteurs précisent que ces données ne suffisent pas à conclure à une relation de cause à effet.

Limites des preuves

Ces travaux observent des personnes qui lisent ou non, sans tirer au sort qui lit. Plusieurs biais sont possibles. Les personnes plus instruites, en meilleure santé ou plus aisées lisent davantage. Surtout, un déclin cognitif encore silencieux peut, plusieurs années avant le diagnostic, réduire l’envie ou la capacité de lire : la baisse de la lecture serait alors une conséquence et non une cause. Aucun essai randomisé n’a mesuré l’effet d’un temps de lecture quotidien donné sur la survenue d’une démence. Il n’existe donc pas de chiffre fiable sur un pourcentage d’amélioration de la mémoire lié à la lecture.

Dans ses lignes directrices de 2019 sur la réduction du risque de déclin cognitif et de démence, l’Organisation mondiale de la santé juge les preuves en faveur de l’entraînement cognitif de faible qualité et n’en fait qu’une recommandation conditionnelle.

Facteurs de risque modifiables de la démence

Le rapport 2024 de la Commission du Lancet sur la démence (Livingston et collaborateurs) recense 14 facteurs de risque modifiables : niveau d’éducation faible, perte d’audition, perte de vision non corrigée, hypertension artérielle, LDL-cholestérol élevé, tabagisme, obésité, diabète, sédentarité, consommation excessive d’alcool, dépression, isolement social, traumatismes crâniens et pollution de l’air. Selon ses estimations, environ 45 % des démences pourraient théoriquement être évitées ou retardées si ces facteurs étaient supprimés. La lecture ne figure pas en tant que telle dans cette liste, mais elle participe à l’activité intellectuelle et, en club ou en bibliothèque, à la vie sociale.

Lire reste une activité sans risque et accessible. Les données disponibles ne permettent pas de la présenter comme un moyen de prévention démontré, mais elle s’intègre dans un mode de vie actif sur le plan intellectuel, physique et social.

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Sources

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