Effets du bruit reconnus par l’OMS
En 2018, le bureau régional de l’OMS pour l’Europe a publié des lignes directrices sur le bruit dans l’environnement, fondées sur une série de revues systématiques. Elles considèrent comme solidement établis deux effets du bruit des transports : la gêne chronique et la perturbation du sommeil. Le lien entre le bruit routier et les maladies cardiovasculaires, en particulier la cardiopathie ischémique, est également jugé suffisamment étudié.
Pour le bruit routier, l’OMS recommande de réduire l’exposition au-dessous de 53 décibels pondérés A (dB(A)) en moyenne sur 24 heures (indicateur Lden) et de 45 dB(A) la nuit (indicateur Ln). Des seuils distincts sont fixés pour le bruit ferroviaire, le bruit des avions et celui des éoliennes.
Bruit, stress et santé mentale
Le bruit est un facteur de stress : il active le système nerveux sympathique et l’axe hormonal du stress, ce qui peut entraîner une hausse de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et du cortisol. Ce mécanisme explique en partie les effets cardiovasculaires observés.
Les preuves d’un effet sur la santé mentale sont en revanche limitées. La revue systématique réalisée pour l’OMS (Clark et Paunovic, 2018) a analysé 29 études sur la qualité de vie, le bien-être et la santé mentale. 90 % étaient des études transversales, et la plupart des preuves ont été jugées de très faible qualité, avec des résultats incohérents d’une étude à l’autre.
Une méta-analyse plus récente (Hegewald et coll., 2020), portant sur 31 études chez l’adulte, a trouvé une augmentation du risque de dépression de 12 % par tranche de 10 dB de bruit des avions. Pour le bruit routier et ferroviaire, l’augmentation n’était que de 2 à 3 % par tranche de 10 dB et n’était pas statistiquement significative. Aucune hausse significative de l’anxiété n’a été mise en évidence pour le bruit routier.
Aucune donnée solide ne permet donc d’attribuer au bruit une hausse chiffrée du « stress » dans la population générale.
Coût sanitaire du bruit en France
Selon une étude de l’Ademe et du Conseil national du bruit publiée en 2021, le coût social du bruit en France est estimé à environ 147 milliards d’euros par an. Les transports en représentent les deux tiers, dont la plus grande part pour le bruit routier. Le reste est lié aux bruits de voisinage et au bruit au travail. Ce coût correspond surtout aux effets sanitaires : gêne, troubles du sommeil, maladies cardiovasculaires, difficultés d’apprentissage.
Réduire l’exposition au bruit
Les mesures les plus efficaces relèvent des pouvoirs publics : limitation de la vitesse, revêtements routiers moins bruyants, écrans antibruit, isolation des logements proches des grands axes et des aéroports. À l’échelle individuelle, une chambre orientée côté calme, des fenêtres à double vitrage et, si besoin, des bouchons d’oreille la nuit limitent l’impact sur le sommeil. Au travail, le Code du travail impose des mesures de prévention à partir de 80 dB(A) sur une journée de 8 heures.
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Sources
- OMS Europe : Lignes directrices relatives au bruit dans l’environnement dans la Région européenne, 2018
- Clark C, Paunovic K : WHO Environmental Noise Guidelines : systematic review on noise and quality of life, wellbeing and mental health, 2018 (PubMed)
- Hegewald J et coll. : Traffic Noise and Mental Health : A Systematic Review and Meta-Analysis, 2020 (PubMed)
- Ademe et Conseil national du bruit : Le coût social du bruit en France, 2021
