Le contenu de notre site est fourni à titre informatif. Nos contenus sont originaux et écrits par des humains.
Il ne peut pas servir de prescription, ni remplacer un avis médical. Veuillez consulter votre médecin et suivre ses conseils en priorité.

Adolescents et applications de santé : usages et efficacité

Ados et applis de santé

Les applications de santé sont des programmes pour smartphone qui suivent l'activité physique, le sommeil, l'alimentation ou le cycle menstruel. Aux États-Unis, une enquête de 2018 indique que 64 % des 14-22 ans en ont déjà utilisé une, mais seulement 25 % de façon régulière. Chez les enfants et les adolescents, leur effet sur l'activité physique est réel mais faible, et les études sont de qualité inégale.

Usage des applications de santé chez les jeunes

Les données représentatives sur ce sujet sont rares, en particulier en France. La principale enquête disponible a été menée aux États-Unis en février et mars 2018 par Victoria Rideout et Susannah Fox pour Hopelab et Well Being Trust, auprès d’un échantillon national de plus de 1 300 jeunes de 14 à 22 ans.

Ses principaux résultats :

  • 64 % des jeunes interrogés déclaraient avoir déjà utilisé une application liée à la santé ;
  • 25 % seulement en utilisaient une au moment de l’enquête, ce qui suggère un usage souvent ponctuel ;
  • les applications de sport et de forme physique étaient les plus citées (45 %), devant la nutrition (26 %), le sommeil (20 %) et le suivi du cycle menstruel (20 %) ;
  • 11 % avaient utilisé une application de méditation ou de pleine conscience ;
  • les jeunes femmes étaient plus nombreuses à avoir essayé une application de santé (71 %) que les jeunes hommes (57 %).

Ces chiffres concernent les États-Unis en 2018 et ne peuvent pas être transposés directement aux adolescents français d’aujourd’hui.

Effets des applications sur l’activité physique

Une méta-analyse publiée en 2024 dans JMIR mHealth and uHealth (Wang et coll.) a réuni 28 essais randomisés et 5 643 enfants et adolescents. Les interventions fondées sur une application augmentent l’activité physique totale et réduisent le temps passé assis, avec un effet de taille faible à modérée. Elles n’ont en revanche pas d’effet significatif sur l’activité physique d’intensité modérée à élevée ni sur l’endurance cardiorespiratoire. Les auteurs jugent que le nombre et la qualité des études limitent la portée de ces résultats.

Une revue de revues publiée en 2026 dans JMIR Public Health and Surveillance (Tabacchi et coll.) a analysé 62 essais chez les 6-17 ans. 45,2 % des interventions numériques amélioraient au moins un indicateur d’activité physique. Les résultats étaient meilleurs lorsque l’intervention utilisait un objet connecté (bracelet, podomètre) et moins bons dans les populations à faibles revenus. La qualité des revues incluses était jugée moyenne à faible.

Limites et précautions

L’efficacité d’une application dépend de son contenu et de son usage dans la durée. Beaucoup d’applications grand public n’ont jamais été évaluées scientifiquement. Les applications de suivi de l’alimentation ou du poids peuvent poser problème chez les adolescents fragiles vis-à-vis des troubles du comportement alimentaire. La protection des données de santé, sensibles par nature, mérite aussi l’attention des parents.

Une application ne remplace pas un avis médical. Un trouble du sommeil, une perte de poids, une tristesse persistante ou un cycle menstruel anormal justifient une consultation.

À lire aussi

Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com