Le contenu de notre site est fourni à titre informatif. Nos contenus sont originaux et écrits par des humains.
Il ne peut pas servir de prescription, ni remplacer un avis médical. Veuillez consulter votre médecin et suivre ses conseils en priorité.

Calcium et santé osseuse des seniors : ce que montrent les études

Alimentation riche en calcium et santé des seniors

Le calcium est le principal minéral des os, et un apport alimentaire suffisant fait partie de la prévention de l'ostéoporose chez les seniors. Les grandes revues de la littérature montrent pourtant qu'augmenter ses apports en calcium n'accroît que légèrement la densité osseuse et ne réduit pas clairement le risque de fracture. Les suppléments sont réservés aux personnes carencées, sur avis médical.

Ostéoporose chez les seniors

L’ostéoporose est une maladie du squelette caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une altération de la structure de l’os, qui le rendent plus fragile. Selon l’Inserm, elle touche environ 39 % des femmes vers 65 ans et 70 % des femmes de 80 ans et plus. En France, 484 000 fractures de fragilité ont été recensées en 2019, dont un quart chez des hommes. Les fractures les plus fréquentes concernent le poignet, les vertèbres et le col du fémur.

Besoins en calcium

L’Anses a fixé en 2016 la référence nutritionnelle en calcium à 950 mg par jour pour les adultes à partir de 25 ans. Les principales sources sont les produits laitiers, certaines eaux minérales riches en calcium, les légumes verts (choux, brocolis), les fruits à coque et les légumineuses. La vitamine D, produite par la peau au soleil et apportée par les poissons gras, est nécessaire à l’absorption du calcium.

Effet du calcium sur la densité osseuse

Une méta-analyse publiée dans le BMJ en 2015 (Tai et coll.) a réuni 59 essais randomisés chez des personnes de plus de 50 ans. Augmenter les apports en calcium par l’alimentation accroît la densité minérale osseuse de 0,6 à 1 % à la hanche et sur l’ensemble du squelette après un an, et de 0,7 à 1,8 % après deux ans. Les suppléments de calcium produisent une hausse comparable, de 0,7 à 1,8 %, qui ne progresse plus après la première année. Les auteurs jugent ces gains trop faibles pour réduire de façon cliniquement notable le risque de fracture.

Calcium et risque de fracture

Une revue systématique parue en parallèle dans le BMJ (Bolland et coll., 2015) a analysé 44 études de cohorte et 26 essais randomisés chez des personnes de plus de 50 ans. Dans la plupart des cohortes, la quantité de calcium, de lait ou de produits laitiers consommée n’était pas associée au risque de fracture. Aucun essai ne démontre qu’augmenter le calcium alimentaire prévient les fractures.

Pour les suppléments, le regroupement des essais montre une baisse de 11 % du risque de fracture toutes localisations confondues, mais pas de la fracture de hanche. Dans les quatre essais les plus rigoureux, aucun effet n’est retrouvé. Les auteurs qualifient les preuves en faveur des suppléments de faibles et incohérentes. Un essai mené chez des femmes âgées très fragiles vivant en institution, avec des apports faibles en calcium et en vitamine D, a toutefois montré une réduction des fractures.

Prévention de l’ostéoporose

Pour l’Inserm, une supplémentation en calcium associée à la vitamine D est utile chez les personnes carencées. L’activité physique a un effet favorable sur la densité osseuse à tout âge, alors que la sédentarité accélère la perte osseuse. La prévention des chutes, l’arrêt du tabac et la limitation de l’alcool comptent aussi. La prise de suppléments de calcium ou de vitamine D se fait sur avis médical, notamment en cas d’antécédents de calculs rénaux.

À lire aussi

Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com