Polluants en cause
Les principaux polluants de l’air extérieur étudiés pour leurs effets sur la santé sont les particules fines PM2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 micromètres), le dioxyde d’azote (NO2), émis surtout par le trafic routier, et l’ozone. Les particules fines pénètrent profondément dans les poumons et passent en partie dans le sang.
En 2021, l’OMS a abaissé ses valeurs guides : 5 µg/m³ en moyenne annuelle pour les PM2,5, contre 10 µg/m³ auparavant, et 10 µg/m³ pour le NO2, contre 40 µg/m³ auparavant. Selon l’OMS, 99 % de la population mondiale vivait en 2019 dans des zones où ces valeurs n’étaient pas respectées.
Mortalité liée à la pollution de l’air
L’OMS estime que la pollution de l’air extérieur a causé 4,2 millions de décès prématurés dans le monde en 2019. Parmi eux, 68 % étaient dus à des cardiopathies ischémiques et à des accidents vasculaires cérébraux, 14 % à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), 14 % à des infections aiguës des voies respiratoires basses et 4 % à des cancers du poumon.
En France, Santé publique France estime, pour la période 2016-2019, que l’exposition aux particules fines est responsable d’environ 40 000 décès par an chez les personnes de 30 ans et plus, soit une perte d’espérance de vie moyenne de près de 8 mois.
Maladies respiratoires attribuables à la pollution en France
En janvier 2025, Santé publique France a publié une évaluation des nouveaux cas de maladies attribuables à l’exposition prolongée aux PM2,5 et au NO2, en France métropolitaine, sur la période 2016-2019. Huit maladies au lien avéré ont été étudiées, dont l’asthme de l’enfant et de l’adulte, la BPCO, le cancer du poumon et les infections respiratoires basses de l’enfant.
Chez l’enfant, 12 à 20 % des nouveaux cas de maladies respiratoires étudiées sont attribuables à la pollution de l’air, soit de 7 000 à près de 40 000 cas par an selon la maladie et le polluant. Le respect des valeurs guides de l’OMS pour les PM2,5 éviterait environ 30 000 nouveaux cas d’asthme par an chez les 0-17 ans. Chez l’adulte, 7 à 13 % des nouveaux cas des maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques étudiées sont attribuables à la pollution.
Le coût de ces maladies est estimé à 12,9 milliards d’euros par an pour l’exposition aux PM2,5 et à 3,8 milliards d’euros pour le NO2.
Personnes les plus vulnérables
Les enfants, dont les poumons sont en développement, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’asthme, de BPCO ou de maladie cardiaque sont les plus sensibles. Les épisodes de pic de pollution aggravent les symptômes, mais c’est l’exposition chronique, au quotidien, qui pèse le plus sur la santé.
Limiter son exposition
Les mesures les plus efficaces sont collectives : réduction du trafic routier, du chauffage au bois peu performant et des émissions industrielles et agricoles. À titre individuel, lors des pics de pollution, les autorités sanitaires recommandent aux personnes fragiles d’éviter les efforts physiques intenses en extérieur et les axes à fort trafic. Les personnes asthmatiques suivent leur traitement et consultent en cas d’aggravation des symptômes.
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Sources
- Santé publique France : Asthme, AVC, diabète : quels impacts de la pollution de l’air ambiant sur la santé, communiqué du 29 janvier 2025
- Santé publique France : Pollution de l’air : l’OMS révise ses seuils de référence pour les principaux polluants atmosphériques
- OMS : Qualité de l’air ambiant (extérieur) et santé, aide-mémoire
