Lutéine, zéaxanthine et macula
La macula est la zone centrale de la rétine, responsable de la vision précise. Elle concentre deux caroténoïdes, la lutéine et la zéaxanthine, qui filtrent une partie de la lumière bleue et ont une action antioxydante. L’organisme ne les fabrique pas : ils proviennent de l’alimentation, en particulier des légumes verts à feuilles (épinards, chou frisé, blettes), mais aussi du jaune d’œuf, du maïs et des petits pois.
Légumes verts et dégénérescence maculaire
Une étude cas-témoins américaine publiée dans le JAMA en 1994 (Seddon et coll.) a comparé l’alimentation de personnes atteintes de DMLA avancée à celle de témoins. Les personnes du cinquième de la population consommant le plus de caroténoïdes avaient un risque de DMLA inférieur de 43 % à celui du cinquième en consommant le moins. Une consommation fréquente d’épinards ou de chou cavalier était associée à un risque nettement plus faible.
Une méta-analyse de six cohortes, publiée en 2012 dans le British Journal of Nutrition (Ma et coll.), a confirmé en partie ce lien. Un apport alimentaire élevé en lutéine et zéaxanthine était associé à un risque de DMLA tardive réduit d’environ 26 %, mais pas à une baisse du risque de DMLA précoce. Les auteurs soulignent que d’autres études sont nécessaires.
Ce que montrent les essais de compléments
Les compléments alimentaires ont été testés dans des essais randomisés. Selon la revue Cochrane mise à jour en 2023 (26 études, près de 12 000 participants), les associations de vitamines et minéraux antioxydants de type AREDS ralentissent probablement l’évolution vers une DMLA tardive chez les personnes ayant déjà une DMLA intermédiaire. Pour la lutéine et la zéaxanthine seules, le bénéfice est faible ou nul, avec un niveau de preuve bas. Ces compléments ne sont utiles qu’en cas de DMLA déjà diagnostiquée, sur avis d’un ophtalmologiste.
Autres troubles de la vue
Les légumes verts apportent du bêta-carotène, que l’organisme transforme en vitamine A. Une carence en vitamine A provoque une cécité nocturne, mais elle est rare dans les pays où l’alimentation est variée : manger davantage de légumes n’améliore pas la vision nocturne d’une personne non carencée. Aucune donnée solide ne montre que les légumes verts réduisent la fatigue visuelle ou la sécheresse oculaire liées aux écrans. Les liens avec la cataracte reposent sur des études d’observation aux résultats variables.
Une alimentation riche en légumes, l’arrêt du tabac, principal facteur de risque modifiable de DMLA, et un examen ophtalmologique régulier après 50 ans restent les mesures de prévention reconnues.
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Sources
- Seddon JM et coll. Dietary carotenoids, vitamins A, C, and E, and advanced age-related macular degeneration, JAMA, 1994
- Ma L et coll. Lutein and zeaxanthin intake and the risk of age-related macular degeneration, Br J Nutr, 2012
- Cochrane : Antioxidant vitamin and mineral supplements for slowing the progression of age-related macular degeneration, 2023
