Effets de la natation sur l’endurance cardiorespiratoire
Une méta-analyse publiée en 2018 dans Sports Medicine (Lahart et Metsios) a rassemblé 29 études contrôlées portant sur des nageurs non compétiteurs. L’entraînement en piscine augmente la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), principal indicateur de l’endurance, de 6,3 mL/kg/min en moyenne par rapport aux groupes témoins. Le gain est de 5,9 mL/kg/min chez les adultes en bonne santé et de 7,9 mL/kg/min chez les enfants et adolescents en bonne santé.
La natation améliore aussi la ventilation maximale et la durée d’effort lors des tests, et réduit légèrement le poids et la masse grasse. D’après les données limitées disponibles, ses effets sont proches de ceux des autres activités d’endurance comme la course.
Effets sur la fonction pulmonaire
L’idée que la natation « augmente la capacité pulmonaire » est en partie confirmée. Dans la même méta-analyse, seul le débit expiratoire de pointe, qui mesure la vitesse maximale de l’air expiré, s’améliore de façon significative, et uniquement dans les analyses portant sur des enfants et adolescents. Pour les autres mesures de la fonction respiratoire, les données ne montrent pas d’effet net.
Aucune étude solide ne permet d’affirmer que la natation améliore la « santé respiratoire » d’un pourcentage donné.
Natation et asthme de l’enfant
Une revue Cochrane de 2013 (Beggs et coll.) a analysé 8 essais randomisés incluant 262 enfants et adolescents de 5 à 18 ans atteints d’asthme stable. Les programmes duraient de 6 à 12 semaines, à raison de 2 à 3 séances par semaine. La natation augmente la VO2 max de 9,7 mL/kg/min en moyenne, avec un niveau de preuve élevé. Elle améliore aussi le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) d’environ 8 points de pourcentage de la valeur théorique, avec un niveau de preuve modéré.
En revanche, aucun effet significatif n’a été observé sur la qualité de vie, le contrôle de l’asthme, le nombre de crises ou l’usage de corticoïdes. La natation n’a pas aggravé l’asthme. La revue ne permet pas de dire si elle est supérieure aux autres activités physiques.
Natation et asthme de l’adulte
Chez l’adulte asthmatique, une revue Cochrane de 2014 (Grande et coll.) n’a trouvé que trois petits essais, regroupant 136 participants, à haut risque de biais. Les auteurs concluent que l’effet des exercices aquatiques chez l’adulte asthmatique reste très incertain.
Précautions
La natation convient à la plupart des âges et ménage les articulations, ce qui en fait une activité intéressante pour les seniors et les personnes en surpoids. Dans les piscines couvertes mal ventilées, les dérivés chlorés de l’air peuvent irriter les voies respiratoires. Les personnes asthmatiques gardent leur traitement de secours à portée de main et demandent l’avis de leur médecin en cas d’asthme mal contrôlé.
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Sources
- Lahart IM, Metsios GS : Chronic Physiological Effects of Swim Training Interventions in Non-Elite Swimmers : A Systematic Review and Meta-Analysis, Sports Medicine, 2018 (PubMed)
- Beggs S et coll. : Swimming training for asthma in children and adolescents aged 18 years and under, Cochrane, 2013 (PubMed)
- Grande AJ et coll. : Water-based exercise for adults with asthma, Cochrane, 2014 (PubMed)
