Contact avec la nature et santé ressentie
Une étude publiée en 2019 dans Scientific Reports (White et coll.) a interrogé 19 806 adultes représentatifs de la population anglaise sur le temps passé dans la nature au cours de la semaine précédente. Par rapport aux personnes sans aucun contact avec la nature, celles qui y avaient passé au moins 120 minutes déclaraient plus souvent une bonne santé et un bien-être élevé. Le bénéfice plafonnait entre 200 et 300 minutes par semaine. Le résultat était le même que les 120 minutes soient réparties en plusieurs sorties ou concentrées en une seule, et il se retrouvait chez les personnes âgées comme chez les personnes atteintes de maladies chroniques.
Il s’agit d’une étude transversale : elle montre une association, pas un lien de cause à effet. Les personnes en bonne santé sortent peut-être davantage.
Effets sur les marqueurs biologiques du stress
Une méta-analyse publiée en 2018 dans Environmental Research (Twohig-Bennett et Jones) a rassemblé 143 études, dont 103 observationnelles et 40 interventionnelles. Une plus grande exposition aux espaces verts était associée à un taux de cortisol salivaire plus bas, à une fréquence cardiaque et une pression artérielle diastolique plus faibles, et à une meilleure variabilité de la fréquence cardiaque, signe d’une activité accrue du système nerveux parasympathique, qui favorise la détente. Les auteurs soulignent que plusieurs résultats sont limités par la faible qualité des études et leur forte hétérogénéité.
Bains de forêt
Le « bain de forêt » (shinrin-yoku), pratique popularisée au Japon, consiste à se promener lentement en forêt. Une méta-analyse de 2019 (International Journal of Biometeorology, Antonelli et coll.) a retenu 22 études, dont 8 regroupées. Le cortisol salivaire était plus bas dans les groupes en forêt que dans les groupes en ville. Il l’était cependant déjà avant l’intervention, ce qui suggère un rôle de l’attente et de l’effet placebo. Les effets observés sont de court terme et les données restent limitées.
Limites des connaissances
Les pourcentages de réduction du stress parfois avancés ne reposent sur aucune étude identifiable. Les données disponibles convergent vers un effet favorable de la nature sur les indicateurs du stress, mais l’ampleur de cet effet, sa durée et la part qui revient à l’activité physique, au calme ou au lien social pratiqués en extérieur restent mal connues. Des études longitudinales et des essais d’intervention sont nécessaires.
Intégrer la nature dans son quotidien
Marcher dans un parc, jardiner, pique-niquer ou se promener en forêt sont des activités simples, sans effet indésirable notable. Elles associent souvent activité physique, exposition à la lumière du jour et réduction du bruit, chacun de ces facteurs pouvant contribuer au bien-être. Elles ne remplacent pas une prise en charge médicale en cas d’anxiété ou de dépression.
À lire aussi
- Bains de forêt et santé mentale
- Exposition à la nature et réduction de la fatigue mentale
- Techniques pour réduire le stress
Sources
- White MP et coll. : Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing, Scientific Reports, 2019 (PubMed)
- Twohig-Bennett C, Jones A : The health benefits of the great outdoors : a systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes, Environmental Research, 2018 (PubMed)
- Antonelli M et coll. : Effects of forest bathing (shinrin-yoku) on levels of cortisol as a stress biomarker : a systematic review and meta-analysis, 2019 (PubMed)
