Ce que montrent les essais sur la dépression
Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Frontiers in Psychology (Li et coll.) a regroupé 20 essais contrôlés randomisés portant sur 1 346 personnes âgées de 60 ans ou plus. L’exercice physique y réduit nettement les symptômes dépressifs par rapport aux groupes témoins, avec une taille d’effet standardisée (SMD) de -0,82, ce qui correspond à un effet important.
Les analyses par sous-groupes suggèrent un bénéfice pour le renforcement musculaire comme pour l’exercice en groupe. Les programmes d’intensité élevée montrent un effet plus marqué que ceux d’intensité modérée, et des bénéfices sont observés après 3 et après 6 mois de pratique.
Limites des données disponibles
Ces résultats doivent être lus avec prudence. L’hétérogénéité entre les essais est très forte (I² de 90 %), ce qui signifie que les effets varient beaucoup d’une étude à l’autre selon la population, le type d’exercice et la façon de mesurer la dépression. Les essais sont souvent de petite taille et la pratique ne peut pas être réalisée en aveugle. Les données sont moins nombreuses pour l’anxiété et les fonctions cognitives que pour la dépression.
L’activité physique ne remplace pas la prise en charge d’une dépression caractérisée, qui relève d’un avis médical. Elle constitue un complément reconnu au traitement.
Recommandations de l’OMS pour les plus de 65 ans
Les lignes directrices de l’OMS publiées en 2020 recommandent aux adultes de 65 ans et plus :
- 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée (marche rapide, vélo, natation), ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue ;
- des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine ;
- des activités variées axées sur l’équilibre et la force au moins trois jours par semaine, afin de prévenir les chutes.
Selon l’OMS, l’activité physique régulière améliore la santé mentale, la santé cognitive et le sommeil, et réduit les symptômes de dépression et d’anxiété. L’organisation observe aussi que l’inactivité physique augmente après 60 ans, chez les hommes comme chez les femmes.
Commencer progressivement
Pour une personne peu active, toute augmentation de l’activité est bénéfique, même en deçà des seuils recommandés. La marche, la danse, le jardinage, le tai-chi ou la gymnastique douce sont des activités accessibles. Les pratiques en groupe offrent en outre des occasions de contacts sociaux. En cas de maladie chronique, de troubles de l’équilibre ou de reprise après une longue inactivité, un avis médical permet d’adapter le programme.
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