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Alimentation anti-inflammatoire : ce que montrent les études

Alimentation et réduction des inflammations

Une alimentation dite anti-inflammatoire privilégie les végétaux, les poissons gras et l'huile d'olive, sur le modèle du régime méditerranéen. Dans les essais contrôlés, ce régime fait baisser modestement certains marqueurs sanguins de l'inflammation, comme la protéine C-réactive (CRP). Les effets sur les douleurs restent limités, et le curcuma en complément alimentaire présente des risques pour le foie.

Inflammation chronique et marqueurs sanguins

L’inflammation chronique de bas grade est associée aux maladies cardiovasculaires, au diabète de type 2 et à certaines maladies articulaires. On la mesure surtout par des marqueurs sanguins comme la protéine C-réactive ultrasensible (CRP-us) et l’interleukine-6 (IL-6). Une baisse de ces marqueurs ne signifie pas à elle seule une baisse des maladies ou des douleurs.

Effet du régime méditerranéen

Une méta-analyse de Schwingshackl et Hoffmann, publiée en 2014 dans Nutrition, Metabolism & Cardiovascular Diseases, a regroupé 17 essais randomisés d’au moins 12 semaines, portant sur 2 300 adultes. Par rapport aux régimes témoins, le régime méditerranéen a fait baisser la CRP ultrasensible d’environ 0,98 mg/l et l’IL-6 de 0,42 pg/ml en moyenne. Il a aussi amélioré la fonction de l’endothélium, la paroi interne des vaisseaux.

Ces résultats sont statistiquement significatifs, mais les écarts entre essais sont importants (hétérogénéité de 91 % pour la CRP). Il s’agit de marqueurs, et l’effet porte sur un modèle alimentaire global plutôt que sur un aliment isolé.

Oméga-3 et douleurs articulaires

Pour les oméga-3 d’origine marine, une méta-analyse de Goldberg et Katz (revue Pain, 2007) a réuni 17 essais randomisés chez des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de douleurs articulaires liées à une maladie inflammatoire de l’intestin ou de règles douloureuses. Après 3 à 4 mois de supplémentation, les patients rapportaient une baisse de l’intensité de la douleur, de la durée de la raideur matinale, du nombre d’articulations douloureuses et de la consommation d’anti-inflammatoires. L’effet est faible à modéré, et l’évaluation de la douleur par le médecin n’a pas montré de différence significative. Ces suppléments ne remplacent pas le traitement de fond d’un rhumatisme inflammatoire.

Le cas du curcuma

Le curcuma utilisé comme épice en cuisine ne pose pas de problème particulier. En revanche, les compléments alimentaires concentrés en curcumine ne sont pas anodins. En 2022, l’Anses a signalé plus de 100 effets indésirables possiblement liés à ces produits en France, dont 15 hépatites, en particulier avec les formules à biodisponibilité augmentée (pipérine, par exemple). L’agence déconseille ces compléments sans avis médical aux personnes ayant une maladie des voies biliaires ou prenant des anticoagulants, des anticancéreux ou des immunosuppresseurs.

Principes d’une alimentation à visée anti-inflammatoire

  • fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes en quantité ;
  • poissons gras (sardine, maquereau, saumon) une à deux fois par semaine ;
  • huile d’olive ou de colza comme matières grasses principales, noix et oléagineux ;
  • limitation des produits ultra-transformés, des boissons sucrées et de la charcuterie.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com