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Fatigue mentale au travail : définition, causes et données

Fatigue mentale

La fatigue mentale est un état d'épuisement des capacités d'attention et de concentration, qui survient après un effort intellectuel ou une charge de travail prolongés. Ce n'est pas un diagnostic médical, et aucune donnée fiable ne permet d'en chiffrer précisément la fréquence chez les salariés. Lorsqu'elle devient chronique, elle peut s'inscrire dans un épuisement professionnel ou un trouble anxieux ou dépressif.

Définition et symptômes

La fatigue mentale, ou fatigue cognitive, se traduit par une difficulté à se concentrer, des oublis, une baisse de l’efficacité, de l’irritabilité et une sensation d’épuisement qui ne disparaît pas complètement avec le repos. Elle est normale après une journée intense. Elle devient préoccupante lorsqu’elle persiste plusieurs semaines, perturbe le sommeil ou s’accompagne d’un découragement.

L’épuisement professionnel (burn-out) en est une forme aggravée. Selon l’INRS, il associe trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou le cynisme, et le sentiment de ne plus s’accomplir dans son travail. Parmi ses manifestations figurent la difficulté de concentration, l’indécision et l’altération de la qualité du travail.

Causes liées à l’organisation du travail

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) range parmi les risques psychosociaux au travail :

  • une charge ou un rythme de travail excessifs, ou un manque de personnel ;
  • des horaires longs, rigides ou incompatibles avec la vie sociale ;
  • un faible contrôle sur son travail et des rôles mal définis ;
  • le manque de soutien des collègues ou un encadrement autoritaire ;
  • la violence, le harcèlement, la discrimination ;
  • l’insécurité de l’emploi et les conflits entre vie professionnelle et familiale.

Ce que disent les données

Au niveau mondial, l’OMS estime qu’en 2023, 16 % des adultes en âge de travailler souffraient d’un trouble mental. La dépression et l’anxiété font perdre chaque année environ 12 milliards de journées de travail, soit une perte de productivité estimée à 1 000 milliards de dollars.

En France, la souffrance psychique liée au travail est suivie par Santé publique France grâce au programme des maladies à caractère professionnel (MCP), qui repose sur des médecins du travail volontaires. Selon une analyse publiée en 2015 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, la part des salariés vus en consultation présentant une souffrance psychique liée au travail a augmenté entre 2007 et 2012. En 2012, elle atteignait 3,1 % chez les femmes et 1,4 % chez les hommes, soit un taux deux fois plus élevé chez les femmes.

Prévention

L’INRS et l’OMS insistent sur une prévention centrée sur le travail lui-même : évaluation des risques psychosociaux, ajustement de la charge et des horaires, formation des managers, lutte contre le harcèlement. Les mesures individuelles, comme les pauses régulières, l’activité physique ou la gestion du stress, sont utiles mais ne compensent pas une organisation défaillante.

Une fatigue qui dure, des troubles du sommeil, des idées noires ou un retentissement sur la vie quotidienne justifient de consulter son médecin traitant ou le médecin du travail.

Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com