Le jeûne intermittent est utilisé comme méthode de gestion du poids et d’amélioration de la santé métabolique. Les protocoles les plus courants sont le 16:8 (16 heures de jeûne et 8 heures d’alimentation par jour) et le 5:2 (deux jours de restriction calorique par semaine).
Bénéfices potentiels du jeûne intermittent
Paramètres métaboliques
Une revue publiée en 2014 dans Translational Research (Barnosky et al.) rapporte une perte de poids modérée, de 3 à 8 % du poids corporel sur 8 à 12 semaines. Cette perte s’accompagne souvent d’une réduction de la masse grasse et d’une amélioration de la sensibilité à l’insuline, ce qui peut intéresser les personnes atteintes de prédiabète ou de diabète de type 2.
Pression artérielle et profil lipidique
Le Dr Martin Juneau, cardiologue à l’Institut de cardiologie de Montréal, rapporte avoir observé chez certains patients une baisse de la pression artérielle, une amélioration du métabolisme du glucose et une réduction de l’insuline à jeun après quelques semaines de jeûne intermittent.
Limites et risques
Troubles du comportement alimentaire
Une étude canadienne menée auprès d’adolescents et de jeunes adultes (Ganson et al., Eating Behaviors, 2022) indique que 47 % des femmes, 38 % des hommes et 52 % des personnes transgenres ou non binaires interrogés avaient pratiqué le jeûne intermittent au cours des 12 derniers mois. Cette pratique était associée à des crises de boulimie, des vomissements et une activité physique excessive, ce qui suggère un risque accru de troubles du comportement alimentaire.
Effets variables sur le poids
Toutes les études ne montrent pas de perte de poids. L’essai danois RESET, publié en 2024 dans The Lancet Healthy Longevity (Quist et al.), n’a pas observé de perte de poids significative après trois mois d’alimentation limitée à une fenêtre de 10 heures par jour chez des personnes à haut risque de diabète de type 2.
Risque cardiovasculaire
Une analyse préliminaire présentée en mars 2024 aux sessions scientifiques de l’American Heart Association, portant sur plus de 20 000 adultes américains (enquêtes NHANES 2003-2018), associe une fenêtre d’alimentation de moins de 8 heures par jour à un risque de décès cardiovasculaire 91 % plus élevé qu’une fenêtre de 12 à 16 heures. Ce risque était aussi plus élevé chez les personnes atteintes d’une maladie cardiaque ou d’un cancer. Il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne démontre pas de lien de cause à effet.
Avis des nutritionnistes
Les avis des professionnels de santé sont partagés. Le nutritionniste Arnaud Cocaul déconseille cette pratique en raison des risques de reprise de poids et de fonte musculaire. Raphaël Gruman estime qu’elle peut être bénéfique sur une courte durée et avec précaution, en excluant les personnes fragiles : enfants, femmes enceintes et personnes âgées. Un avis médical est recommandé avant de commencer, en particulier en cas de maladie chronique ou de traitement.
L’unité mmHg
Le mmHg (millimètre de mercure) est l’unité utilisée en médecine pour mesurer la pression artérielle.
- 1 mmHg correspond à la pression exercée par une colonne de mercure de 1 millimètre de hauteur.
- Une tension artérielle normale est souvent notée 120/80 mmHg : 120 mmHg pour la pression systolique (contraction du cœur) et 80 mmHg pour la pression diastolique (relâchement du cœur).
Le Système international recommande le pascal (Pa), mais le mmHg reste l’unité de référence en médecine.
À lire aussi
Sources
- American Heart Association : Epidemiology and Prevention Scientific Sessions 2024, résumé sur la durée de la fenêtre alimentaire et la mortalité cardiovasculaire
- Quist et al. : RESET trial, The Lancet Healthy Longevity, 2024
- Ganson K. T. et al. : Eating Behaviors, 2022
- Barnosky A. R. et al. : Translational Research, 2014
- TF1 Info : avis des nutritionnistes Arnaud Cocaul et Raphaël Gruman
