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Régime végétalien et maladies cardiovasculaires

Alimentation végétalienne et santé cardiovasculaire

L'alimentation végétalienne exclut tous les produits d'origine animale : viande, poisson, œufs, produits laitiers et miel. Les essais randomisés montrent qu'elle abaisse le LDL-cholestérol, un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires. Les grandes cohortes associent les régimes végétariens à moins de cardiopathies ischémiques, mais les données propres au régime végétalien strict restent limitées.

Effets sur le cholestérol et la tension artérielle

Une méta-analyse publiée dans l’European Heart Journal en 2023 (Koch et collaborateurs) a réuni 30 essais randomisés comparant un régime végétarien ou végétalien à un régime omnivore. Les régimes sans viande abaissaient le cholestérol total de 0,34 mmol/L, le LDL-cholestérol de 0,30 mmol/L et l’apolipoprotéine B de 12,9 mg/dL en moyenne, sans effet significatif sur les triglycérides. Ces baisses s’expliquent par un apport plus faible en graisses saturées et plus élevé en fibres, en légumineuses et en céréales complètes.

Une revue de synthèse publiée en 2024 dans l’American Journal of Preventive Cardiology, qui a analysé 21 revues systématiques, rapporte pour le régime végétalien une baisse de la pression artérielle systolique d’environ 2,6 mmHg, du LDL-cholestérol de 0,49 mmol/L et de l’indice de masse corporelle de 1,7 kg/m².

Risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral

L’effet sur la survenue des maladies elles-mêmes ne peut être mesuré que dans des études d’observation de longue durée. Dans la cohorte britannique EPIC-Oxford (Tong et collaborateurs, BMJ, 2019), qui a suivi 48 188 adultes pendant 18 ans, les végétariens (végétaliens inclus) avaient un risque de cardiopathie ischémique inférieur de 22 % à celui des mangeurs de viande. Le même travail observait en revanche un risque d’accident vasculaire cérébral supérieur de 20 %, en particulier d’AVC hémorragique. Les auteurs évoquent, sans le démontrer, un rôle de taux très bas de cholestérol ou de certaines carences.

La revue de 2024 retrouve, pour les régimes végétariens, un risque de maladie cardiovasculaire plus bas de 15 % environ (risque relatif 0,85). Les personnes strictement végétaliennes sont peu nombreuses dans les cohortes, si bien que les estimations les concernant sont imprécises.

Limites des preuves

Les études d’observation comparent des personnes qui diffèrent aussi par d’autres habitudes : les végétariens fument moins et pratiquent souvent davantage d’activité physique. Les essais randomisés portent sur des marqueurs comme le cholestérol, pas sur les infarctus, et durent rarement plus de quelques mois. Enfin, la qualité de l’alimentation compte : un régime végétalien riche en produits transformés, en sucres et en farines raffinées ne présente pas les mêmes avantages.

Précautions nutritionnelles

La vitamine B12 est quasi absente des aliments végétaux : une supplémentation est indispensable dans un régime végétalien. Une attention particulière doit aussi être portée au calcium, à l’iode, au fer, au zinc, à la vitamine D et aux acides gras oméga-3. Chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante et la personne âgée, un tel régime doit être encadré par un médecin ou un diététicien.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com