Le terme « superaliment » n’a pas de définition réglementaire : il désigne de façon commerciale des aliments réputés riches en nutriments. À côté de produits importés comme le quinoa, les baies de goji ou l’açaï, des aliments traditionnels locaux, souvent oubliés, sont remis en valeur pour leur intérêt nutritionnel, leur prix et leur moindre impact environnemental.
Les limites des superaliments importés
Le transport de produits venus de loin, comme les baies d’açaï du Brésil ou le quinoa des Andes, alourdit leur empreinte carbone. La forte demande a aussi des conséquences économiques dans les pays producteurs : en Bolivie, le prix du quinoa a triplé entre 2006 et 2013, sous l’effet de la demande en Amérique du Nord et en Europe. Les effets sur la consommation locale restent discutés, les chiffres officiels boliviens étant contradictoires.
Exemples d’aliments régionaux
- L’ortie : longtemps consommée en soupe dans les campagnes européennes, l’ortie est riche en protéines, en fer et en vitamine C. Elle se cueille jeune, avec des gants, et se cuisine comme les épinards ou en tisane.
- Le pourpier : plante courante du bassin méditerranéen, il fait partie des légumes feuilles les plus riches en acides gras oméga-3 d’origine végétale (acide alpha-linolénique). Il contient aussi des antioxydants comme la vitamine E.
- La châtaigne : riche en amidon et en fibres, sans gluten, elle a longtemps été un aliment de base dans les régions de montagne.
- Le salsifis noir (scorsonère) : cultivé notamment en Belgique, il contient de l’inuline, une fibre prébiotique qui nourrit la flore intestinale.
- Le moringa : en Afrique, les feuilles de cet arbre sont utilisées contre la malnutrition pour leur richesse en vitamines, en minéraux et en protéines.
- Le sésame noir : utilisé dans la cuisine traditionnelle asiatique, par exemple dans les boulettes de riz tangyuan en Chine, il est riche en calcium et en composés antioxydants.
Ces cultures, adaptées aux climats locaux, demandent en général moins d’irrigation et de traitements que des espèces introduites, et leur vente en circuit court réduit le transport.
Freins à leur développement
Ces aliments souffrent d’une image moins valorisée que les produits exotiques et sont rarement vendus en grande surface : on les trouve surtout sur les marchés et dans les boutiques spécialisées. Leurs effets sur la santé ont aussi été peu étudiés, au-delà de leur composition nutritionnelle. Ils s’intègrent dans une alimentation variée, sans effet propre démontré sur une maladie.
