La neurochirurgie intègre progressivement des robots chirurgicaux et des outils d’intelligence artificielle (IA). Ces technologies, utilisées dans plusieurs grands centres hospitaliers, assistent les chirurgiens lors d’interventions complexes sur le cerveau, avec l’objectif d’opérations plus précises et moins invasives.
Principe de la neurochirurgie robotisée
Dans le cerveau, la moindre erreur de trajectoire peut avoir des conséquences graves. Les robots chirurgicaux s’appuient sur des images médicales, comme l’IRM ou le scanner, pour planifier le geste et guider les instruments avec une grande précision. Des algorithmes, dont certains reposent sur l’IA, aident à analyser les images et à calculer les trajectoires. Le chirurgien valide et contrôle chaque étape.
Le système ROSA, développé par la société française Medtech (Montpellier), rachetée par Zimmer Biomet en 2016, est utilisé dans des hôpitaux du monde entier. Il assiste les neurochirurgiens pour des gestes comme la pose d’électrodes dans l’épilepsie ou la maladie de Parkinson, grâce à une navigation 3D et à la planification des trajectoires.
Utilisation dans les hôpitaux
L’hôpital Johns Hopkins, aux États-Unis, utilise des systèmes robotisés pour des interventions cérébrales, notamment sur des zones difficiles d’accès comme la base du crâne.
En France, l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP) a été en 2016 le premier hôpital pédiatrique français à se doter d’un robot chirurgical. Celui-ci est utilisé par plusieurs spécialités pédiatriques (urologie, chirurgie viscérale, oncologie, ORL), avec pour objectif de réduire la durée d’hospitalisation, la douleur postopératoire et les cicatrices.
Bénéfices
Pour les patients, ces technologies permettent des interventions moins invasives : des incisions plus petites, moins de cicatrices, une récupération plus rapide et moins de complications.
Pour les chirurgiens, le robot prolonge le geste : il assure la stabilité et la précision de certaines tâches, ce qui leur permet de se concentrer sur les aspects les plus complexes de l’opération.
Limites
Coût
Les systèmes comme ROSA nécessitent un investissement important, ce qui réserve leur usage aux grands centres hospitaliers des pays riches et accentue les inégalités d’accès aux soins.
Formation
L’utilisation d’un robot chirurgical demande des compétences spécifiques et des programmes de formation approfondis. Les fabricants, comme Zimmer Biomet pour ROSA, proposent des formations, qui restent peu accessibles dans les pays en développement.
Questions éthiques
Patients et professionnels peuvent craindre que l’IA prenne trop de place dans la décision, au détriment du jugement humain. Les experts rappellent que l’IA et les robots doivent rester des outils d’assistance, sous la supervision constante d’un chirurgien qualifié.
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