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Tissus synthétiques et bio-impression 3D : recherche et greffes

Biotechnologies et tissus synthétiques

Les tissus synthétiques, ou bioartificiels, sont des tissus produits en laboratoire en associant des cellules humaines à des matériaux biocompatibles, souvent par bio-impression 3D. Ils sont étudiés comme alternative aux greffes issues de dons, qui ne couvrent qu'environ 10 % des besoins mondiaux selon l'Observatoire mondial du don et de la transplantation. La peau et le cartilage sont les plus avancés ; les organes complets restent hors de portée.

Les biotechnologies permettent de fabriquer des tissus biocompatibles destinés à remplacer des tissus ou des organes endommagés. Ces recherches pourraient à terme réduire la dépendance aux dons d’organes.

Tissus synthétiques

Les tissus synthétiques, aussi appelés tissus bioartificiels, sont produits en laboratoire en combinant des cellules humaines et des matériaux biocompatibles, souvent par bio-impression 3D. Ils sont conçus pour imiter les propriétés des tissus naturels et peuvent être adaptés à chaque patient. Des peaux synthétiques sont utilisées pour traiter les grands brûlés, et des vaisseaux sanguins artificiels servent à réparer des artères.

Dans un domaine voisin, l’entreprise française Carmat a développé Aeson, un cœur artificiel total qui utilise des matériaux biocompatibles pour limiter les risques de thrombose. Il s’agit d’un organe artificiel complet et non d’un tissu. Aeson a obtenu le marquage CE en décembre 2020. Carmat a été placée en redressement judiciaire en juillet 2025, puis son activité a été reprise en novembre 2025 par une nouvelle société, Carmat SAS.

Bio-impression 3D

La bio-impression 3D consiste à « imprimer » des structures cellulaires couche par couche, avec des bioencres composées de cellules vivantes et de matériaux de support. En France, l’Inserm soutient des recherches sur cette technologie, notamment pour produire de la peau destinée aux greffes chez les grands brûlés.

Aux États-Unis, le Wake Forest Institute for Regenerative Medicine est l’un des pionniers du domaine. Il a produit des tissus comme des fragments de cartilage et de peau, testés sur des modèles animaux. Ces tissus ne sont pas encore utilisés couramment chez l’être humain.

Intérêt pour les patients

Pénurie d’organes

Selon l’Observatoire mondial du don et de la transplantation (GODT), géré avec l’OMS, plus de 150 000 transplantations d’organes solides sont réalisées chaque année dans le monde, ce qui ne couvre qu’environ 10 % des besoins. Les tissus produits en laboratoire pourraient réduire la dépendance aux dons et les délais d’attente.

Rejet

Dans une greffe classique, le système immunitaire peut rejeter l’organe étranger. Les tissus synthétiques peuvent être fabriqués à partir des propres cellules du patient, ce qui limite ce risque.

Obstacles

Coûts

La bio-impression 3D nécessite des équipements coûteux et des équipes spécialisées, ce qui limite son accès, en particulier dans les pays à faible revenu.

Complexité biologique

Des tissus simples, comme la peau ou le cartilage, peuvent être produits, mais la fabrication d’organes entiers, comme le foie ou le rein, reste hors de portée. Reproduire leurs fonctions complexes et garantir leur viabilité à long terme demande encore des recherches.

Réglementation

En Europe, l’Agence européenne des médicaments (EMA) encadre l’autorisation des médicaments de thérapie innovante, dont font partie les produits issus de l’ingénierie tissulaire. Ils doivent passer des essais rigoureux avant d’être utilisés chez les patients, un processus qui peut prendre plusieurs années.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com