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Bains de forêt (shinrin-yoku) et santé mentale : état des preuves

Bains de forêt et santé mentale

Le bain de forêt, ou shinrin-yoku, consiste à passer du temps en forêt en marchant lentement et en prêtant attention à l’environnement. Les méta-analyses montrent une baisse à court terme de l’anxiété, des symptômes dépressifs et du cortisol, mais les études sont petites et la certitude des preuves est faible.

Le bain de forêt, ou shinrin-yoku, est une pratique née au Japon dans les années 1980. Elle consiste à passer du temps en forêt en marchant lentement, en respirant calmement et en portant attention aux sons, aux odeurs et aux paysages. Elle a fait l’objet de nombreuses études, surtout au Japon, en Corée du Sud et en Chine, principalement chez des adultes en bonne santé et sur des durées courtes.

Effets sur l’anxiété et la dépression

Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2023 dans l’International Journal of Mental Health Nursing (Siah et coll.) a rassemblé 36 études, soit 3 554 participants. Elle conclut que les bains de forêt réduisent de façon significative les symptômes de dépression et d’anxiété, alors que les bénéfices sur les mesures physiologiques comme la pression artérielle ou la fréquence cardiaque étaient moins nets.

Une méta-analyse plus récente, publiée en 2026 dans Frontiers in Psychology (Andrade et coll.), a retenu 11 études. Elle a observé une diminution de la fréquence cardiaque d’environ 4 battements par minute, ainsi qu’une baisse des scores de tension-anxiété et d’abattement. Les auteurs classent toutefois la certitude des preuves comme très faible, en raison des risques de biais, de résultats hétérogènes d’une étude à l’autre et de leur imprécision.

Effets sur le cortisol, marqueur du stress

Une méta-analyse publiée en 2019 dans l’International Journal of Biometeorology (Antonelli et coll.) a porté sur le cortisol, une hormone dont le taux augmente avec le stress. Sur 22 études retenues, dont 8 ont pu être regroupées, le cortisol salivaire était plus bas chez les personnes en forêt que chez celles en milieu urbain. Les auteurs parlent d’un effet à court terme, soulignent qu’un effet placebo lié aux attentes des participants peut jouer un rôle important, et jugent les données encore limitées.

Limites des études

La plupart des études comparent une promenade en forêt à une promenade en ville sur une ou quelques séances, avec de petits effectifs et sans possibilité d’« aveugler » les participants. Elles mesurent souvent l’humeur juste avant et juste après la séance. On ignore donc si les effets persistent et quelle fréquence de pratique serait utile. Le rôle des phytoncides, des composés volatils émis par les arbres, est avancé comme explication, mais il n’est pas démontré chez l’être humain. L’activité physique, le calme et l’éloignement des écrans peuvent aussi expliquer une partie des effets observés.

Place dans la santé mentale

Le temps passé en forêt est une activité accessible, qui peut contribuer à la détente et à la baisse du stress ressenti. Les données actuelles ne permettent pas de le considérer comme un traitement de l’anxiété ou de la dépression. Ces troubles relèvent d’une prise en charge médicale ou psychologique, à laquelle des sorties en nature peuvent s’ajouter.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com