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Impact du jeûne intermittent sur la santé digestive

Jeûne intermittent et santé digestive

Le jeûne intermittent alterne périodes de repas et périodes de jeûne. Les études humaines, peu nombreuses et de petite taille, montrent des modifications du microbiote intestinal, mais aucun effet démontré sur les ballonnements ou la constipation.

Le jeûne intermittent désigne des façons de manger qui alternent périodes d’alimentation et périodes de jeûne. Les formes les plus étudiées sont l’alimentation à horaires restreints (par exemple le modèle 16:8, avec 16 heures sans manger et une fenêtre de 8 heures pour les repas), le jeûne un jour sur deux et le régime 5:2 (deux jours par semaine à apport calorique très réduit). Ces pratiques ont surtout été évaluées pour la perte de poids et le métabolisme. Leurs effets sur la digestion restent beaucoup moins documentés.

Effets du jeûne intermittent sur le microbiote intestinal

Une revue systématique publiée en 2024 dans Frontiers in Nutrition (Paukkonen et coll.) a rassemblé les études humaines disponibles sur le sujet. Elle n’a retenu que 8 études, dont 3 essais randomisés, totalisant environ 287 participants, avec des effectifs de 9 à 80 personnes par étude. Six d’entre elles portaient sur l’alimentation à horaires restreints. La plupart observaient des modifications de la composition du microbiote, et une augmentation possible de sa richesse et de sa diversité. Les auteurs soulignent toutefois une forte hétérogénéité des résultats, qui empêchait de les regrouper dans une méta-analyse.

Une revue de la littérature parue en 2023 dans Nutrients (Popa et coll.), portant sur 17 études dont 7 sur le jeûne du ramadan, conclut que le jeûne intermittent pourrait améliorer la santé métabolique en modifiant le microbiote, notamment par une hausse des bactéries productrices de butyrate. Elle insiste elle aussi sur les petits effectifs, l’absence fréquente de groupe témoin et la courte durée des études.

Ce que l’on ne sait pas encore

Une modification du microbiote ne signifie pas à elle seule un bénéfice pour la santé digestive. Aucune grande étude n’a montré à ce jour que le jeûne intermittent réduit les ballonnements, soigne la constipation ou favorise la régénération de la muqueuse intestinale. Les deux revues citées ne mesuraient pas ces symptômes. Les effets à long terme, et leur persistance après l’arrêt du jeûne, sont également mal connus.

Effets indésirables digestifs signalés

Dans les essais cliniques de jeûne intermittent, des effets indésirables généralement légers sont rapportés : faim, maux de tête, fatigue, constipation, diarrhée, nausées, reflux. Ils sont toutefois rarement recherchés de manière systématique, ce qui limite les conclusions sur la tolérance digestive.

Précautions

Le jeûne intermittent ne convient pas à tout le monde. Il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, en cas de troubles du comportement alimentaire, et demande un avis médical en cas de diabète traité (risque d’hypoglycémie) ou de maladie chronique. Pendant les fenêtres de repas, l’apport en fibres, en protéines et en eau doit rester suffisant pour éviter carences et constipation.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com