Formes de méditation étudiées
La recherche médicale porte surtout sur des programmes structurés de méditation de pleine conscience, comme la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT). Ces programmes durent en général huit semaines, avec des séances de groupe hebdomadaires et une pratique quotidienne à domicile. D’autres formes, comme la méditation transcendantale ou la méditation de compassion, ont été moins étudiées.
Effets sur le stress, l’anxiété et la dépression
Une méta-analyse publiée en 2014 dans JAMA Internal Medicine (Goyal et coll.) a retenu 47 essais randomisés et 3 515 adultes, en ne gardant que les essais comparant la méditation à un groupe contrôle actif, afin de limiter l’effet placebo. Les programmes de pleine conscience améliorent l’anxiété, la dépression et la douleur, avec un niveau de preuve modéré et un effet de taille faible à modérée. Les preuves sont faibles pour le stress et la qualité de vie liée à la santé mentale.
Les auteurs n’ont pas trouvé d’effet démontré sur l’humeur positive, l’attention, le sommeil, le poids ou la consommation de substances. Aucun essai n’a montré que la méditation était supérieure à un traitement actif : médicament, exercice physique ou thérapie comportementale.
Méditation et troubles psychiatriques
Une méta-analyse publiée en 2018 dans Clinical Psychology Review (Goldberg et coll.) a réuni 142 groupes de patients et 12 005 participants atteints de troubles psychiatriques (dépression, anxiété, addictions, douleur chronique…). Les interventions de pleine conscience font mieux que l’absence de traitement et que les interventions de comparaison non spécifiques. Elles font jeu égal avec les traitements dont l’efficacité est reconnue, comme les thérapies cognitivo-comportementales ou les antidépresseurs.
Prévention des rechutes dépressives
La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience a été conçue pour les personnes ayant déjà fait plusieurs épisodes dépressifs. Une méta-analyse sur données individuelles publiée en 2016 dans JAMA Psychiatry (Kuyken et coll.), portant sur 1 258 patients, montre que la MBCT réduit le risque de rechute dépressive sur 60 semaines de 31 % par rapport à l’absence de MBCT (rapport de risque de 0,69), et de 21 % par rapport à d’autres traitements actifs.
Limites des études
Les essais sur la méditation sont souvent de petite taille, et il est difficile de concevoir un véritable placebo de méditation. Les participants savent qu’ils méditent, ce qui peut influencer les résultats déclarés. Les effets mesurés par des marqueurs biologiques, comme le cortisol, sont moins constants que les effets ressentis. Les chiffres de réduction du stress ou d’amélioration de la concentration parfois cités sans source ne reposent sur aucune étude identifiable.
Pratique et précautions
La méditation peut être pratiquée seul, en groupe ou à l’aide d’enregistrements. Elle est en général bien tolérée, mais elle peut faire ressurgir des émotions difficiles chez certaines personnes, notamment en cas de traumatisme. En cas de dépression, de trouble anxieux ou de trouble psychiatrique, elle s’envisage en complément du suivi médical, et jamais à la place d’un traitement prescrit, qui ne doit pas être arrêté sans avis médical.
À lire aussi
- Bienfaits de la méditation sur le stress
- Exercices de pleine conscience chez les femmes
- Gratitude et bien-être émotionnel
- Gratitude et bien-être quotidien
Sources
- Goyal M et coll. : Meditation programs for psychological stress and well-being : a systematic review and meta-analysis, JAMA Internal Medicine, 2014 (PubMed)
- Goldberg SB et coll. : Mindfulness-based interventions for psychiatric disorders : a systematic review and meta-analysis, Clinical Psychology Review, 2018 (PubMed)
- Kuyken W et coll. : Efficacy of Mindfulness-Based Cognitive Therapy in Prevention of Depressive Relapse, JAMA Psychiatry, 2016 (PubMed)
