La lombalgie commune désigne une douleur du bas du dos sans cause grave identifiée. La Haute Autorité de santé (HAS) la qualifie de chronique au-delà de 3 mois d’évolution. Le yoga fait partie, avec le tai-chi et le Pilates, des exercices dits « corps-esprit » proposés dans ce cadre. Il associe postures, travail respiratoire et relaxation.
Résultats de la revue Cochrane de 2022
La revue Cochrane la plus récente sur le sujet (Wieland et coll., 2022) a rassemblé 21 essais randomisés, soit 2 223 adultes atteints de lombalgie chronique non spécifique, menés aux États-Unis, en Inde, au Royaume-Uni, en Croatie, en Allemagne, en Suède et en Turquie. La plupart utilisaient le yoga Iyengar, le hatha yoga ou le viniyoga.
Par rapport à l’absence d’exercice, le yoga réduisait la douleur de 4,5 points en moyenne sur une échelle de 0 à 100 (preuves de certitude modérée, 9 essais). Il améliorait un peu la fonction du dos (preuves de faible certitude, 11 essais). Les auteurs jugent ces améliorations faibles et sans importance clinique. Par rapport à d’autres exercices centrés sur le dos, le yoga ne faisait ni mieux ni moins bien sur la fonction (certitude modérée) et sur la douleur (certitude très faible).
Effets indésirables
Selon la même revue, le yoga augmentait le risque d’effets indésirables par rapport à l’absence d’exercice, principalement une augmentation des douleurs dorsales, à 6 à 12 mois (preuves de faible certitude, 8 essais). Il est donc préférable de commencer par des séances adaptées aux débutants et de signaler son problème de dos à l’enseignant.
Position de la Haute Autorité de santé
Dans sa fiche de prescription d’activité physique pour la lombalgie commune chronique (mars 2024), la HAS rappelle que l’exercice physique est un traitement de première intention. Elle range le yoga parmi les modalités possibles, à côté du renforcement musculaire du tronc, des exercices de contrôle moteur, de la marche, du vélo et des exercices aquatiques. Elle indique que le yoga, comparé à l’absence d’exercice, améliore les capacités fonctionnelles à court et moyen terme. Elle précise aussi que les différentes formes d’exercice n’ont pas été suffisamment comparées entre elles pour établir une hiérarchie claire.
Ce que l’on peut en retenir
Les données disponibles indiquent que le yoga est une option d’activité physique parmi d’autres pour la lombalgie chronique, avec un bénéfice modeste sur la douleur et la fonction, comparable à celui des autres exercices. Le choix de l’activité dépend surtout des préférences de la personne et de sa capacité à la pratiquer régulièrement. Une douleur lombaire accompagnée de fièvre, de troubles urinaires, d’une perte de force dans les jambes ou d’un amaigrissement inexpliqué nécessite un avis médical avant toute reprise d’activité.
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