L’inflammation chronique de bas grade est un état d’activation prolongée et discrète du système immunitaire. Elle se mesure par des marqueurs sanguins comme la protéine C-réactive (CRP) ou certaines cytokines, dont le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α). Elle est associée à l’obésité, au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires. Les fruits apportent des fibres, de la vitamine C, des caroténoïdes et des polyphénols, dont les flavonoïdes, qui ont des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires en laboratoire.
Effets des fruits et légumes sur les marqueurs de l’inflammation
Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2018 dans l’American Journal of Clinical Nutrition (Hosseini et coll.) a rassemblé 83 études, dont 71 essais cliniques. Dans la majorité des essais (68 %), la consommation de fruits ou de légumes améliorait au moins un marqueur de l’inflammation générale ou des voies respiratoires. La méta-analyse montrait une baisse des taux sanguins de CRP et de TNF-α. Les études portaient le plus souvent sur les fruits et les légumes ensemble, ou sur des produits précis (jus, baies, extraits), et sur des populations variées. Il n’est donc pas possible d’en tirer un effet chiffré propre aux fruits, ni de désigner un fruit plus efficace que les autres.
Consommation de fruits et maladies chroniques
Une méta-analyse d’études prospectives publiée en 2017 dans l’International Journal of Epidemiology (Aune et coll.), portant sur 95 études, a montré que chaque portion supplémentaire de 200 g de fruits et légumes par jour était associée à un risque plus faible de 8 % de maladie cardiovasculaire et de 10 % de décès toutes causes. La baisse du risque se poursuivait jusqu’à environ 800 g par jour. Des associations semblables étaient observées pour les fruits pris séparément, en particulier les pommes, les poires et les agrumes. Ces résultats proviennent d’études d’observation, qui ne prouvent pas que l’effet passe par une baisse de l’inflammation.
Une autre méta-analyse de cohortes, publiée en 2021 dans Advances in Nutrition (Milajerdi et coll.), a associé une consommation élevée de fruits à un risque plus faible de maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique, deux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Ces données concernent la survenue de la maladie, et non son traitement.
Ce que les études ne montrent pas
Aucune grande étude ne démontre que manger des fruits soulage à lui seul les douleurs de l’arthrite ou les symptômes du syndrome de l’intestin irritable. Chez certaines personnes atteintes de ce syndrome, des fruits riches en sucres fermentescibles, comme la pomme ou la poire, peuvent même accentuer les ballonnements.
Recommandations
En France, le Programme national nutrition santé recommande de consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, frais, surgelés ou en conserve. Les jus de fruits ne doivent pas dépasser un verre par jour, en raison de leur teneur en sucres. Les fruits entiers apportent davantage de fibres que les jus.
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Sources
- Hosseini B. et coll., Effects of fruit and vegetable consumption on inflammatory biomarkers and immune cell populations, Am J Clin Nutr, 2018
- Aune D. et coll., Fruit and vegetable intake and the risk of cardiovascular disease, total cancer and all-cause mortality, Int J Epidemiol, 2017
- Milajerdi A. et coll., Association of Dietary Fiber, Fruit, and Vegetable Consumption with Risk of Inflammatory Bowel Disease, Adv Nutr, 2021
