Posture et douleurs : un lien moins net qu’on ne le pense
L’idée qu’une « mauvaise posture » cause le mal de dos est répandue, mais les données ne la confirment pas clairement. Une revue de 41 revues systématiques et méta-analyses publiée dans le Journal of Biomechanics en 2020 (Swain et collaborateurs) a examiné le rôle de la posture du rachis, de la station debout ou assise prolongée, de la flexion et de la torsion. Elle retrouve à la fois des associations positives et des absences d’association avec la lombalgie, et conclut qu’il n’existe pas de consensus sur un lien de cause à effet.
Pour le cou, une méta-analyse de 15 études transversales (Mahmoud et collaborateurs, Current Reviews in Musculoskeletal Medicine, 2019) observe que les adultes souffrant de cervicalgies ont en moyenne une tête un peu plus projetée vers l’avant que les personnes sans douleur, avec un écart d’environ 5 degrés. Aucune association n’était retrouvée chez les adolescents. Ces études transversales ne permettent pas de savoir si la posture précède la douleur ou l’inverse.
Exercices et modification de la posture
Une méta-analyse de 7 essais randomisés et 627 participants (Sheikhhoseini et collaborateurs, Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, 2018) a évalué des programmes d’exercices thérapeutiques chez des personnes ayant la tête projetée en avant. Ces programmes, qui associent en général renforcement des muscles profonds du cou et du haut du dos et étirements des pectoraux, modifiaient nettement l’angle mesuré entre la tête et le cou et amélioraient modérément les douleurs cervicales. Les étirements seuls n’ont pas été isolés dans ces travaux, et aucune étude fiable ne chiffre un pourcentage d’amélioration de la posture après un mois de dix minutes d’étirements quotidiens.
Exercice physique et lombalgie chronique
La revue Cochrane de 2021 (Hayden et collaborateurs), qui rassemble 249 essais randomisés, conclut avec un niveau de certitude modéré que l’exercice est probablement efficace contre la lombalgie chronique non spécifique. Par rapport à l’absence de traitement, aux soins habituels ou à un placebo, il réduit la douleur d’environ 15 points sur une échelle de 0 à 100. L’effet sur les limitations fonctionnelles est plus faible (environ 7 points). Aucun type d’exercice ne se détache nettement des autres. Les étirements font partie des approches possibles, au même titre que le renforcement, le Pilates ou le yoga.
Pratique des étirements
Les étirements se pratiquent sans à-coups, en tenant la position quelques dizaines de secondes, sans aller jusqu’à la douleur. Pour les personnes qui restent longtemps assises, changer régulièrement de position et se lever plusieurs fois par heure compte autant que la position elle-même. Une douleur du dos qui s’accompagne de fièvre, d’une perte de force, de troubles urinaires ou qui suit un traumatisme justifie un avis médical.
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Sources
- Swain et al., Journal of Biomechanics, 2020 : postures du rachis et lombalgie, revue de revues systématiques
- Mahmoud et al., Current Reviews in Musculoskeletal Medicine, 2019 : tête projetée en avant et cervicalgie, méta-analyse
- Sheikhhoseini et al., Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, 2018 : exercices thérapeutiques et posture de la tête, méta-analyse
- Cochrane (Hayden et al., 2021) : exercice physique et lombalgie chronique

