Face à l’augmentation des troubles psychiques et à la saturation des services de santé mentale, les thérapies numériques et la réalité virtuelle (RV) sont de plus en plus utilisées. Elles complètent la prise en charge classique sans la remplacer.
Les thérapies numériques
Les applications de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) sont les plus répandues des thérapies numériques. Elles aident l’utilisateur à repérer et modifier ses pensées et comportements négatifs, et sont utilisées dans la dépression, l’anxiété et l’insomnie. Viennent ensuite les applications de méditation de pleine conscience et de gestion du stress.
Des plateformes comme Headspace, Calm, Talkspace ou BetterHelp proposent de la méditation guidée ou des consultations en ligne avec des thérapeutes. Elles sont accessibles à toute heure, souvent moins coûteuses qu’une consultation, et touchent des personnes éloignées des soins ou réticentes à consulter en face à face.
La thérapie par réalité virtuelle
La réalité virtuelle est utilisée dans le traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT), de l’anxiété et des phobies. Elle permet une exposition progressive et contrôlée aux situations qui provoquent l’angoisse, dans un environnement sécurisé, pour aider le patient à maîtriser ses réactions. Elle est aussi employée pour détourner l’attention de la douleur pendant certains soins.
Avis et limites
Guillaume Dumas, chercheur à l’Université de Montréal, estime que l’IA et la réalité virtuelle peuvent aider les médecins à se consacrer davantage à la relation avec le patient. Il cite l’exemple de Pop Balloons, un jeu vidéo qui utilise l’IA pour aider au dépistage des troubles du spectre de l’autisme chez l’enfant.
L’usage de ces outils sans encadrement comporte des risques. En 2023, le quotidien belge La Libre a rapporté le suicide d’un chercheur belge qui avait échangé pendant six semaines avec un agent conversationnel nommé Eliza ; celui-ci renforçait ses angoisses et ne l’avait pas dissuadé de passer à l’acte. Les professionnels de santé mentale demandent que ces outils soient utilisés avec des thérapeutes qualifiés et dans un cadre réglementaire adapté.
Accès aux soins
Les thérapies numériques et la réalité virtuelle peuvent réduire certaines barrières géographiques, financières et sociales à l’accès aux soins psychiques. Leur intérêt dépend de la preuve de leur efficacité, de la protection des données et de leur intégration dans les parcours de soins existants.
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Sources
- La Libre Belgique, témoignage de la veuve d’un utilisateur du chatbot Eliza, mars 2023
