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Pleine conscience chez les femmes : pratique et effets réels

Exercices de pleine conscience chez les femmes

La pleine conscience est une forme de méditation qui consiste à porter son attention, sans jugement, sur l'instant présent : respiration, sensations, pensées. Aux États-Unis, 16,3 % des femmes déclaraient avoir médité dans l'année en 2017, contre 11,8 % des hommes. Les programmes de pleine conscience réduisent modérément l'anxiété, la dépression et la détresse psychologique, mais pas davantage que d'autres approches actives.

Définition de la pleine conscience

La pleine conscience (mindfulness en anglais) est issue de traditions méditatives bouddhistes, adaptées en Occident à partir des années 1970. Les programmes les plus étudiés sont la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT). Ils durent généralement huit semaines, avec des séances collectives hebdomadaires et des exercices quotidiens à domicile : méditation assise centrée sur la respiration, balayage corporel, marche consciente, mouvements doux.

Fréquence de la pratique chez les femmes

Il n’existe pas de grande enquête française récente mesurant la pratique de la pleine conscience selon le sexe. Les données les plus solides viennent de l’enquête nationale de santé américaine (National Health Interview Survey), analysée par le centre national des statistiques de santé (NCHS) en 2018 :

  • la pratique de la méditation chez les adultes est passée de 4,1 % en 2012 à 14,2 % en 2017 ;
  • en 2017, 16,3 % des femmes avaient médité dans les douze derniers mois, contre 11,8 % des hommes ;
  • le yoga, souvent associé, était pratiqué par 19,8 % des femmes et 8,6 % des hommes.

Les femmes sont aussi majoritaires dans les essais cliniques : elles représentent 77 % des participants de la méta-analyse décrite ci-dessous.

Effets sur l’anxiété, la dépression et le stress

Une méta-analyse publiée en 2021 dans PLOS Medicine (Galante et coll.) a réuni 136 essais randomisés et 11 605 adultes suivant un programme de pleine conscience hors du cadre médical (travail, université, vie courante). Par rapport à l’absence d’intervention, ces programmes réduisent l’anxiété, la dépression et la détresse psychologique et améliorent le bien-être, avec des effets d’ampleur modérée.

Comparés à d’autres activités non spécifiques, ils améliorent la dépression mais pas de façon significative l’anxiété ni la détresse. Comparés à d’autres interventions actives (relaxation, exercice physique, psychothérapie), ils ne se montrent pas supérieurs. Seul l’effet sur la détresse psychologique persiste lorsque les essais les plus biaisés sont exclus. Le niveau de confiance dans ces résultats est jugé de modéré à très faible.

Sommeil et concentration

Des effets sur le sommeil et l’attention sont souvent avancés. Ils ont été étudiés dans des essais plus petits, aux résultats variables, et ne permettent pas d’avancer de chiffre fiable. Les pourcentages de réduction du stress ou des pensées anxieuses parfois cités sans source ne reposent sur aucune étude identifiable.

Précautions

La pleine conscience est une pratique de bien-être et de prévention. Elle ne remplace pas la prise en charge d’une dépression, d’un trouble anxieux ou d’un traumatisme. Les personnes concernées, en particulier en cas d’antécédents de troubles psychiatriques, en parlent à leur médecin ou à leur psychologue et privilégient un instructeur formé.

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Sources

Directeur de publication: Julien Eymard A, email:contact@saintesante.com