Espaces verts et santé mentale de l’enfant
Une revue systématique de Vanaken et Danckaerts (Université de Louvain), publiée en 2018 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health, a analysé 21 études d’observation chez l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte. Les résultats suggèrent de façon cohérente une association favorable entre l’exposition aux espaces verts et les difficultés émotionnelles et comportementales, en particulier l’hyperactivité et l’inattention. Les données sont plus limitées pour le bien-être mental et les symptômes dépressifs à l’adolescence.
La plus grande étude sur le sujet a été menée au Danemark par Engemann et ses collègues (PNAS, 2019). Elle a mesuré par satellite la végétation autour du domicile d’environ un million de personnes, de la naissance à l’âge de 10 ans. Les enfants ayant grandi avec le moins d’espaces verts présentaient ensuite un risque de troubles psychiatriques jusqu’à 55 % plus élevé, selon les troubles, que ceux qui en avaient le plus. L’association persistait après prise en compte de l’urbanisation, du niveau socio-économique et des antécédents psychiatriques des parents.
Limites de ces études
Ces travaux sont observationnels : ils montrent une association, pas une relation de cause à effet. Habiter près d’un parc s’accompagne souvent d’autres différences (logement, bruit, pollution de l’air, activité physique) que les ajustements statistiques ne corrigent pas totalement. Le mécanisme exact, qu’il s’agisse de l’activité physique, de la réduction du stress ou d’autres facteurs, reste discuté.
Temps passé dehors et myopie
L’effet le mieux démontré du temps passé en plein air concerne la vue. Dans un essai randomisé mené à Canton (Chine) et publié dans le JAMA en 2015, des écoles ont ajouté chaque jour 40 minutes d’activités en extérieur pour des enfants d’environ 6 ans. Après 3 ans, 30,4 % des enfants de ces écoles étaient devenus myopes, contre 39,5 % dans les écoles témoins. La lumière naturelle est l’explication la plus souvent avancée.
Activité physique des enfants
L’Organisation mondiale de la santé recommande aux enfants et adolescents de 5 à 17 ans au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue. Selon l’OMS, 80 % des adolescents dans le monde n’atteignent pas ces niveaux. Les jeux en plein air, dans un parc, un jardin ou en forêt, sont une façon simple d’augmenter ce temps d’activité tout en limitant le temps passé devant les écrans.
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Sources
- Vanaken GJ, Danckaerts M. Impact of green space exposure on children’s and adolescents’ mental health, IJERPH, 2018
- Engemann K et coll. Residential green space in childhood and psychiatric disorders, PNAS, 2019
- He M et coll. Effect of time spent outdoors at school on the development of myopia, JAMA, 2015
- OMS : Activité physique, aide-mémoire
