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Levothyrox, un autre scandale sanitaire ?
Vendredi 29 décembre 2017, par Julien

Levothyrox : l’AFMT demande la déclaration d’un scandale sanitaire

L’affaire du Levothyrox n’en a pas fini de faire des vagues. Le mardi 26 décembre 2017, l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) a demandé à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé de la déclarer « scandale sanitaire ».

Un geste désespéré

Dans un geste de désespoir, Nell Gaudry, porte-parole de l’AFMT a interpellé la ministre de la santé sur la nécessité de déclarer un scandale financier, seule façon selon elle de repousser l’arrêt de la fabrication de l’ancienne formule du Levothyrox. Le laboratoire Merck a, en effet, annoncé qu’il allait, fin 2018, arrêter d’approvisionner le marché avec cette formule dont le brevet expire en 2019.
Nell Gaudry a dénoncé le silence coupable des instances sanitaires françaises, qui selon elle, ont abandonné les malades à leur sort. Elle a rappelé que pas moins de 3 millions de personnes étaient concernées par cette affaire sur le sol français. Alors que la firme allemande a reconnu que 100.000 personnes souffraient d’effets adverses à cause du changement de formule, elle ne comprend pas pourquoi l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) continue à se voiler la face.

A l’origine du problème : une reformulation

Ceci est le énième rebondissement d’une affaire qui a commencé en juillet 2010. Le Levothyrox est un médicament utilisé dans la prise en charge de l’hypothyroïdie, une maladie caractérisée par une déficience en hormones thyroïdiennes. En mars 2017, le laboratoire allemand Merck, détenteur de la formule, a procédé à une modification de celle-ci. A partir de juillet 2017, de nombreux patients ont commencé à se plaindre d’effets secondaires lourds comme la perte de cheveux, des douleurs musculaires et articulaires, des vertiges, l’insomnie, les céphalées et la fatigue.

Il est cependant nécessaire de rappeler que ce changement de formule n’est pas le fait du laboratoire pharmaceutique Merck, mais celui de l’ANSM. En 2012 l’Agence nationale de sécurité du médicament a ordonné au laboratoire allemand de procéder à une reformulation afin de rendre le médicament plus stable. Le médicament allait garder le même principe actif, mais ses excipients allaient connaître une légère modification. Ainsi, le lactose contenu dans l’ancienne formule devait être remplacé par du mannitol.

Des rebondissements à n’en point finir

Lorsque les premiers patients ont commencé à se plaindre, il leur a été opposé une fin de non recevoir. On leur a expliqué que les effets secondaires qu’ils expérimentaient étaient d’ordre psychologique et qu’ils n’étaient aucunement liés à la nouvelle formule. Le laboratoire a argué que cette nouvelle formule était tout à fait sûre.

Face au mutisme des autorités sanitaires et aux allégations du fabricant, les patients touchés ont décidé de se tourner vers la justice. Le 14 novembre 2017, 25 patients de la Haute-Garonne ont obtenu gain de cause en obligeant le laboratoire à leur fournir l’ancienne formule. Le 26 décembre, 40 autres patients ont été débouté de leur demande. Auparavant le 21 décembre, l’association « Vivre sans thyroïde » a assigné le laboratoire au tribunal. Le mois de janvier 2018 pourraît être très riche en évènements relatifs à ce dossier.

Auteur: Julien
Rédacteur chez saintesante.com depuis 2014. Julien s’est engagé à la diffusion de l’information sanitaire car pour lui, il s’agit d’une voie royale pour sauver des vies. Voir les articles de Julien.

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