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Agoraphobie
Mardi 5 mai 2015

L’agoraphobie, la peur des lieux publics

L’agoraphobie provient de deux termes grecs, ‘’phobos‘’ qui qualifie la peur et ‘’agorà’’ qui désigne un lieu de rassemblement ou une place publique. Ce mot signifie littéralement alors la peur de la place publique. Dans le milieu médical, notamment en psychiatrique et en psychologique, l’agoraphobie est un trouble anxieux qui implique une peur intense des lieux publics ou des situations au sein desquelles la victime se sent mal à l’aise. Elle implique, ainsi, la peur des espaces ouverts ou fermés, d’être dans une foule ou à la queue ainsi que la peur des situations réelles ou prévues telle que l’utilisation des moyens de transport ou la peur de voyager seul en train ou en avion.

Cette peur manifestement excessive ou irraisonnée sans danger apparent, peut affecter la vie quotidienne de la victime avec la manifestation de plusieurs symptômes. Un traitement approprié avec des options médicales, psychologiques et éducatives peuvent grandement aider les agoraphobes.

Les symptomes

En règle générale, l’agoraphobie se manifeste par la peur intense de divers lieux et situations d’où il serait difficile de s’échapper ou de trouver du secours en cas de difficulté.

L’agoraphobe évite, ainsi, ces lieux et endroits susceptibles de l’amener à paniquer, à se sentir piégé, impuissant. Il s’agit notamment des magasins, des salles de cinéma, des salles de spectacle, des espaces en hauteur ou surchauffés, des ascenseurs. Il a peur d’être sur un pont, d’être dans une file d’attente, de voyager en train, en avion, en autobus, en métro, en bateau. Les étendues désertes, l’autoroute, les passerelles, le tunnel, les espaces bruyants, mal aérés, sous-terrains, sont d’autres endroits redoutés par l’agoraphobe. Il éprouve la peur de certaines situations telles que le fait de rester seul dans le noir ou de nager dans une eau profonde.

Le fait de se retrouver ou d’être confronté à ces situations ou ces lieux non-familiers, rend l’agoraphobe anxieux et angoissé. Ces craintes peuvent être tellement fortes qu’elles peuvent limiter la réalisation les activités de la vie quotidienne ou le déplacement de l’agoraphobe qui ne parvient plus à quitter son domicile.

La peur de s’éloigner de chez lui ou de marcher seul dans la rue l’envahit. Il peut rester confiné dans sa maison pendant un long moment, en adoptant, par ailleurs, des comportements d’évitement ou en sollicitant l’aide d’une personne pour l’accompagner dans ses déplacements loin de la maison. Il éprouve, alors, le besoin ou la nécessité d’être accompagné. Il va manifester, ainsi, une dépendance excessive à l’égard des autres.

En plus de ces manifestations, l’agoraphobe peut éprouver d’autres symptômes, à savoir, une accélération du rythme cardiaque, des sensations de malaise, des nausées, des palpitations, des douleurs thoraciques ou abdominales, une respiration rapide, des frissons, des bouffées de chaleur, des impressions d’étouffement.

Les causes

Les causes de l’agoraphobie ne sont pas clairement établies. Divers facteurs sont susceptibles de précipiter la manifestation de ce trouble anxieux.

Le risque de développer l’agoraphobie est accru chez les sujets confrontés à des facteurs psychologiques tels que les expériences traumatisantes au cours de l’enfance avec notamment les abus sexuels ou le décès d’un parent. Le fait de vivre des évènements stressants (deuil, divorce, licenciement) ou de subir un stress chronique installé au cours de l’enfance, peut jouer un rôle majeur dans le développement de l’agoraphobie. Des parents anxieux, un milieu social perturbé, la sensibilité particulière aux évènements stressants, sont des facteurs qui peuvent également favoriser l’installation et le développement de l’agoraphobie.

Cette peur intense des lieux ou des situations peuvent apparaitre après la survenue de plusieurs attaques de panique, caractérisées par une terreur intense associée à des symptômes physiques (palpitation, essoufflements, étourdissements). Ainsi, plus tard, le sujet va craindre les situations susceptibles de déclencher ces attaques de panique. La peur de subir de nouvelles attaques de panique, l’amène à éviter ou à s’éloigner certains lieux ou situations.

Aussi, l’absorption chronique de certains médicaments (tranquillisants, somnifères), le tabagisme, la toxicomanie et l’alcoolisme, peuvent être liés à l’apparition de l’agoraphobie.

Le traitement

Le traitement de l’agoraphobie implique une approche psychothérapeutique et médicale.

La thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie d’exposition sont des traitements psychothérapeutiques couramment utilisés pour la prise en charge des agoraphobes.
La première vise à aider le sujet afin qu’il puisse identifier les pensées ou les attitudes susceptibles de le rendre anxieux, en vue de l’aider à changer sa façon de penser et à modifier son comportement à l’égard des situations ou lieux redoutés.

La seconde, la thérapie d’exposition, consiste à encourager l’agoraphobe pour qu’il fasse mentalement (exposition cognitive), puis progressivement physiquement (exposition comportementale) face aux situations phobogènes au lieu de les éviter.

Dans le cadre du traitement pharmacologique, des médicaments sont prescrits aux agoraphobes. Les antidépresseurs, couramment, destinés au traitement de la dépression, peuvent réduire les symptômes liés à l’agoraphobie. Ainsi, les antidépresseurs appartenant à la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine peuvent soulager les sujets agoraphobes. Ils permettent de réduire les comportements d’évitement.

Les médicaments contre l’anxiété, notamment, les benzodiazépines peuvent être administré dans le but de soulager l’agoraphobe.


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